• Les Tromperies d'Outremer

    Titre : Les Tromperies d'Outremer

    Circonstances d'écriture : concours d'écriture, avec contrainte de thème : "Mensonges et Trahisons".

    Personnages apparaissant : Outremer, Rosalie.

    Année d'écriture : 2014.

     

    Précisions supplémentaires : Cette nouvelle, bien qu'ayant été écrite pour un concours d'écriture, m'a resservi par la suite, pour le Tournoi des Nouvellistes du blog Nouveau Monde. Elle n'a pas dépassé les huitièmes de finale, enfin pour moi c'est déjà une réussite !

     

     

    Les Tromperies d’Outremer

     

      Quand on se sent abandonné de tout, qu’on n’a plus de soutien ou de considération à espérer, il ne nous reste que l’espoir. L’espoir, le rêve fou, même irrationnel, c’est lui qui va nous permettre de tenir et d’aller de l’avant. L’espoir, celui d’un chien galeux qui attend une caresse, celui d’un miséreux qui attend une bouchée de pain venue du ciel... L’espoir, chimère humaine comme animale, magnifique et pathétique à la fois.

      Mais bon, revenons à nos oignons. J’ai mieux à faire que de déblatérer toutes ces belles choses philosophiques sur l’espoir et son histoire. Alors à quoi bon, me direz-vous ? C’est que pendant que vous lisiez cette merveille, je vous ai jeté un sort : un sort de mensonge ! Vous vous mentez à vous-même en vous faisant croire que ce que vous lisez est de qualité, et c’est pourquoi vous continuez de le lire. Tordu mais malin, hein ? Le "vieux" Outremer a plus d’un tour dans son sac... Outremer, c’est moi. Je suis commerçant, à la tête d’une charmante petite boutique un peu à l’écart de la ville ; je suis un magicien, et j’en ai fait mon métier. Je crée toute la journée durant des sortilèges de mensonge, d’illusion, dans l’unique but de satisfaire mes misérables clients. Nul n’entre en mon domaine avec dans son esprit de bonnes attentions : non, on vient chez moi en se cachant, en guettant le regard d’un autre passant qui pourrait trahir son dessein, car quand on vient chez moi on ne veut jamais à autrui quelque chose de bien. Je suis Outremer, le magicien douteux qui fait son bonheur sur les malheurs des autres !

      Vous l’avez sûrement remarqué, j’écris passablement mal, des choses passablement inintéressantes, alors il faut bien que grâce à mon sort je me garantisse quelques lecteurs. C’est un ami qui m’a conseillé d’essayer d’écrire le mois dernier, un moyen selon lui "d’évacuer par la plume les tristesses insidieuses qu’apporte parfois la vie". Mouais. Il n’a pas la bougie à tous les étages, si je peux me permettre l’expression.

      M’enfin bon, il se trouve qu’aujourd’hui j’ai le cœur lourd : aussi je vais vous raconter, mes amis, les rares déboires de mon métier. C’est que maintenant, après le départ de Rosalie, j’ai besoin de m’épancher de toute urgence, pauvres de vous. Mais nous reviendrons à Rosalie plus tard, commençons par autre chose, le temps de remettre mes idées en place.

     

      C’est dans le courant de l’automne qu’elle est venue me trouver : une femme d’une trentaine d’années, engoncée dans une somptueuse toilette bleue dont je n’ose imaginer le prix. Une noble à n’en point douter. Elle avait un pas martial et décidé, et s’est arrêtée tout net face à moi subjugué derrière mon comptoir.

      « Bienvenue aux Tromperies d’Outremer, Madame. Que puis-je pour votre service ? », ai-je bredouillé par réflexe.

    J’avais deviné que cette dame riche, attirée par ma très grande et justifiée renommée, était venue me voir pour une typique affaire de couple : Madame a un amant et elle ne veut bien sûr pas que Monsieur le sache, alors elle appelle à l’aide le puissant Outremer. Affaire typique, je vous dis. Je me trompais...

      La belle dame s’est donc avancée donc vers moi. Elle avait des yeux qu’on aurait dit tirés du cœur d’un iceberg et sculptés dans ses orbites, d’une couleur bleu glace et au terrible magnétisme. Une peau de lait et des lèvres pulpeuses à souhait. Elle devait faire bien des envieuses et des enviés.

      « Monseigneur, m’a-t-elle confié, je souhaite mourir. »

      Je dois avouer que je ne l’avais pas senti venir. J’ai réagi à l’instinct :

      « Donc, plutôt un sort de longue durée ? Cela coûte cher. A qui voulez-vous mentir ? Votre mari, vos amis ? Vous voulez fuir, c’est bien cela ? Disparaître un moment de la circulation ?

      - Un sort longue durée, en effet. N’ayez crainte, j’ai les moyens de payer. En revanche, je souhaite me mentir à moi-même. »

      J’ai haussé un seul sourcil, capacité innée héritée de feu mon père.

      « Un faux suicide ? Dangereux, ça. Et  puis, pour quoi faire ? »

      Elle m’a fusillé de son regard électrique.

      « Cela ne regarde que moi. Contentez-vous de me donner ce sort et d’empocher mon argent.

      - Très bien, très bien. Vous savez de toute manière, je suis tenu au secret professionnel... Enfin, c’est comme vous voulez. Donc, vous avez prévu des complices ? C’est que quand on se croit mort, on oublie un peu de boire et de manger.

      - J’ai tout prévu. Il ne me manque que votre sort, Sire.

      - Je vous fais confiance et vous rappelle que je décline toute responsabilité en cas d’accident survenu suite à l’utilisation de l’un de mes sorts. Si vous mourez réellement, ce ne sera officiellement pas de ma faute.

      - J’ai tout prévu, vous dis-je. »

      Sa voix était celle d’une femme d’importance, qui a l’habitude d’être obéie. Dans l’instant.

      « Bien sûr, Madame. Veuillez patienter un instant, je vais chercher votre sort. Je les prépare d’avance. »

      Je me suis éclipsé dans l’arrière-boutique, ai choisi le sort, et suis revenu auprès de la cliente.

      « Papier cadeau ?

      - Je ne souhaite pas l’offrir !

      - On ne sait jamais, et puis c’est joli un papier cadeau. Simple petite coquetterie, et gratuit.

      - Alors, mettez-m’en un. »

      J’ai emballé le sort de mon mieux – je ne suis pas très habile de mes mains – et l’ai tendu à ma propriétaire avec mon plus beau sourire.

      « Trois mille bulles, s’il vous plaît.

      - Trois mille ? Vous savez vivre, vous...

      - J’ai un loyer à payer, et pas des moindres. Je dois me donner les moyens de mes ambitions. »

      J’avais collé une petite étiquette de pub sur le paquet : "Les Tromperies d’Outremer, seules les gens franches vont en enfer". Elle l’a décollée et l’a sèchement plaquée sur le comptoir. Un gâchis ! Elle aurait pu me dire qu’elle n’en voulait pas.

      Ma cliente a fait demi-tour en claquant des talons, et est sortie de ma boutique d’un pas parfaitement cadencé. Un vaillant petit soldat. Sur le coup, je n’y pensais plus : elle n’était qu’une visiteuse comme les autres. Mais trois jours après sa visite, son joli minois faisait la une du Loup rôdeur, mon quotidien préféré. Le titre ? "Drame national hier soir – réapparition de l’infante Alianna Da Oroghnel, disparue l’avant-veille, dans le pire des états". Un résumé du chapô : Dame Alianna, cadette de notre actuel roi, s’est volatilisée il y a deux jours, au soir, de sa chambre aux issues pourtant gardées. Une servante a par hasard découvert une pièce cachée derrière une tapisserie-poster des îles tropicales des eaux du Sud. Dedans, Dame Alianna, allongée sur une couche de fortune, dormait du sommeil éternel. A cause d’un sort de mensonge, qui lui a fait croire à sa propre mort. Elle l’a utilisé sans rien en dire à personne, et a péri dans son repos factice, sans eau ni nourriture pour survivre.

      Si j’avais su... Voyez-vous, ce n’est pas le fait que ma cliente soit une infante qui m’a gêné. Elle aurait pu être la reine de Sommeterre, je n’aurais pas été plus affecté par son décès. Non, ce qui m’a mortifié, c’est l’accomplissement de son suicide. Qu’a-t-elle fait pour mettre sa mort en scène ? Elle m’a menti. A moi, Sire Outremer, le roi de ma mascarade, le maître de la tromperie, l’empereur des illusions ! Sur le coup, j’ai eu honte de moi, de mon incapacité à reconnaître les mensonges d’autrui. Il faut dire que mon expérience en la matière m’a donné, au fil des années, un flair incroyable qui me garantit généralement facilement la franchise de mes interlocuteurs. Taux de sudation, micro-expressions, rien n’est censé m’échapper…

      Ce fut la première fois qu’un client me dupa. Mais, malheureusement pour mon amour-propre, ce ne fut pas la dernière...

     

     Cette histoire-là s’est déroulée il y a quoi… deux mois ? Aussi voyez-vous, la blessure est encore fraîche – d’où la narration au présent. Et puis j’ai du mal à accorder les participes passés. Mais revenons à mon histoire ! Le piège tient le coup, vos jolis petits yeux sont toujours braqués sur la page ? Parfait, alors on continue...

      Le thème du Seigneur des Anneaux résonne jusque dans les tréfonds de mon magasin : un client vient de pénétrer dans mon royaume. J’étais dans l’arrière-boutique, en train de créer un sort de fausse beauté masculine, une commande d’un noble local, un homme aigri qui, je dois bien l’avouer, n’a pas été gâté par la nature. Pour ma part, du haut de ma trentaine, je me trouve encore bel homme... Mais passons, assez de digressions !

      Donc, "un client venait de pénétrer dans mon royaume" : un adolescent brun aux yeux noirs, au gentil sourire. Je me méfie des gentils sourires, ils sont dangereux pour les adultes crédules. Mais je suis tout sauf un adulte crédule ! Aussi je le traite comme les autres visiteurs de son âge :

      « Bienvenue aux Tromperies d’Outremer, jeune homme. Que puis-je pour votre service ? Histoire d’amour, de devoirs scolaires, de bizutage ? »

      Il a un petit rire suffisant. Je déteste les gens qui rient suffisamment.

      « Et bien, si je me suis tromp... si j’ai mal deviné, arrête donc de rire et dis-moi ce que tu me veux !

      - Sire, je suis tout sauf un client ordinaire, me susurre-t-il. Je suis en ces lieux aujourd’hui afin de finaliser la fermeture de votre boutique, sur ordre royal. »

      J’ai un instant repensé à Dame Alianna, mais la lumière s’est vite fait dans mon esprit si rusé.

      « Balivernes, ai-je ricané. Mon échoppe fermera quand tu sauras mentir, mon garçon. Pensais-tu vraiment pouvoir duper un maître de ma renommée ? »

      Il abandonne en un éclair son expression suffisante, et redevient un adolescent on ne peut plus normal, sombre et antipathique. A mon tour de m’amuser.

      « Alors, quel honteux dessein t’amène dans mon domaine ? Histoire d’amour, de devoirs scolaires, de bizutage ? Tu n’as tout de même pas fait tout ce chemin uniquement pour tenter, pauvre insouciant, de me tromper ?

      - Figurez-vous que si, réplique-t-il d’un ton maussade. Un stupide pari avec des amis, et me voici.

      - Un pari ! »

      Je m’amuse follement.

      « Lequel de tes amis a été assez... hum, sadique pour ainsi te jeter entre mes griffes ?

      - C’était un lointain copain plus qu’un ami, enfin quelle importance ? Je n’ai plus qu’à retourner à notre planque, et à subir mon gage, c’est à dire gober à la suite trente Caralbar © saveur piment vert. Navré pour le dérangement... »

      Je me gonfle d’orgueil et de condescendance derrière mon comptoir.

      « Je te pardonne, j’ai moi aussi été enfant, j’ai connu la tentation d’aller déranger les grandes personnes qui travaillent si sérieusement dans leur boutique de sorts de mensonge et autres tromperies. Mais en effet, sois gentil et dégage le plancher, j’ai des enchantements très complexes à préparer. »

      Il fait demi-tour et s’éloigne vers la porte. Mais alors qu’il tenait déjà la poignée entre ses doigts malins, il se retourne vers moi, et me sourit de toute son insolente suffisance retrouvée.

      « Pas si sérieux que ça, Maître Outremer. La saveur des Caralbar © que j’aurais dû engloutir n’était pas piment vert, mais piment bleu... Pourtant, il ne me semble pas vous avoir vu réagir. »

      Mes oreilles s’en bouchent de stupéfaction. Quelques secondes seulement, pas de quoi m’alarmer...

      « Si vous voyiez votre visage, se moque le démon. Sur ce je vous abandonne, j’ai un défi réussi à fêter. »

      Je suis pétri de honte et de rage derrière mon comptoir.

     

      Je tiens à préciser que ces deux récits content les deux seules fois où, dans toute l’histoire des Tromperies d’Outremer, des clients ont réussi à me mentir. Il y a eu des tentatives évidemment, des entourloupes et des fraudes, mais j’étais toujours parvenu à voir clair dans leur jeu…

      Je vais désormais vous relater de biens tristes faits, qui sont survenus il y a, grands dieux, mois d’une heure ! Nous sommes désormais début juillet, et Rosalie m’a rencontré...

     

      Je déteste l’été. Il fait une chaleur insupportable dans ma boutique, dont je ne sors jamais. Finie l’ambiance douillette et agréable des lieux ! C’est une atmosphère brûlante et oppressante qui règne sans partage dans mon domaine. Pas agréable du tout.

      Retentit entre les étagères le thème du Seigneur des Anneaux. Parfait, un client ! Ils sont peu nombreux par cette saison, et les occasions de gagner des bulles sont assez rares. Mais le souffle me manque à la vue de la charmante créature qui vient chercher embrouille dans mon magasin.

      C’est une jeune femme blanche et blonde, toute de jaune et de rose vêtue. Elle a des yeux bleus, différents de ceux de Dame Alianna : les siens sont d’une teinte plus profonde. Tout son être, son allure expriment la fraîcheur et la gaieté. Elle porte un large chapeau à fleurs, semble tellement à l’aise malgré l’affolante température. Elle s’avance vers moi à petits pas légers. Dégoulinant derrière mon comptoir, j’ai un peu honte de ma tenue quelque peu négligée, de mes cheveux teinte de paille raides et humides de sueur, attachés à la va-vite en un lâche catogan. J’aurais bien besoin d’une douche, mais je dois tenir ma boutique... J’essuie rapidement mon front avec mon bras avant de prendre la parole :

      « Bienvenue aux Tromperies d’Outremer, ma Dame. Que puis-je pour votre service ?

      - Je suis là pour un sort, un sort de persuasion.

      - Ah, du mensonge pur ! Et pour quelle raison ? J’ai besoin de cette information pour le créer.

      - Oh, je veux convaincre ma gouvernante qu’elle m’a autorisée à me rendre à une petite fête organisée par des amis.

      - Je vois... Je vais prendre commande, et vous repasserez demain ?

      - Je ne suis pas sûre de pouvoir... »

      Quel regard, tendre et attendrissant !

      « C’est qu’il fait terriblement chaud ces temps-ci, et je dois déjouer l’attention de ma gouvernante pour venir ici.

      - Auquel cas en effet, je peux vous le fabriquer dès maintenant, comme vous pouvez le voir je n’ai pas beaucoup de clients. Cela va me prendre une heure ou deux, vous n’avez qu’à aller faire un tour et revenir en temps voulu ; je n’ai rien de prévu pour faire patienter les clients, ni fauteuils, ni boissons, ni magazines.

      - Je peux rester vous tenir compagnie, conteste-t-elle aussitôt. Cela ne me gêne pas, et votre métier m’intéresse. Pourrais-je m’inviter dans l’arrière-boutique ? »

      Que peut-on refuser à un ange ? Avec le plus beau des sourires attirants et charmeurs qui sont les miens, je la fais passer derrière mon comptoir, la guide derrière le rideau de perles qui masque mon antre personnelle à la populace. C’est une petite pièce meublée de deux longues tables, et d’une multitude d’étagères murales supportant tous les poudres et produits me servant à fabriquer mes sorts. J’installe mon invitée sur un tabouret de bois recouvert d’un joli tissu, et le cœur battant me mets au travail.

      « Je m’appelle Rosalie. C’est très joli ici, c’est agréable, cette ambiance de bricolage. Et vous, c’est Outremer... joli prénom. Cela fait longtemps que vous tenez cette boutique ?

      - Des années : c’est moi qui l’ai créée. »

      Je fais preuve d’une extrême concentration pour dans un même temps fabriquer sa commande et poursuivre la conversation. Je tiens à passer pour aimable auprès de Rosalie, car je dois avouer qu’elle m’est très sympathique... Je suis même complètement sous le charme. Je veux tout faire pour lui plaire, je dois absolument me débrouiller pour la revoir après cette visite chez moi. Même en lui tournant le dos, je songe à son visage rose, ses grands yeux bleus et son opulente chevelure soleil...

      « Et où habitez-vous, Rosalie ? Une dame telle que vous ne peut résider que dans le plus classe des palaces… »

      Pas de réponse. Je répète ma question un peu plus fort ; toujours rien. Alors je me retourne, et me retrouve le nez collé au canon d’un pistolet. A l’autre bout du pistolet, la gracile main de Rosalie. Son gracile visage désormais vierge de toute trace d’insouciance et de gentillesse, presque sombre, déterminé, aux traits durcis qui n’atténuent en rien sa beauté. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens venir l’embrouille...

      « Eh bien, Dame Rosalie ? ai-je articulé avec une nouvelle prudence.

      - Il n’y a plus de Dame Rosalie qui tienne, réplique-t-elle. Je veux votre réserve de feu gelé, immédiatement. »

      Mon feu gelé ? C’est une poudre rarissime, très chère, à la base de beaucoup de sorts d’illusions corporelles. Sans mot dire, j’attrape le fameux bocal sur l’étagère derrière moi et le tends à Rosalie. Elle s’en empare lentement de sa main non armée, puis recule à pas lents, sans cesser de me menacer de son pistolet. Je suis furieux de m’être fait voler, mais triste aussi.

      « J’imagine que je n’aurais pas à terminer la fabrication du sort que vous m’avez commandé.

      - Bien sûr que si. Je le récupérerai demain... »

      Je vais la revoir !

      « ... en envoyant chez vous une tierce personne. »

      Ouille. Fausse joie. Je me sens complètement abruti.

      « Vous êtes bien crédule face à une jeune cliente, constate Rosalie en passant de l’autre côté, à reculons, du rideau de perles.

      - Je sais apprécier la beauté féminine, répliqué-je en la suivant. Est-ce un tort ?

      - Nullement. Mais cela vous aura coûté votre feu gelé.

      - Vous avez trahi ma confiance...

      - J’ai profité de votre naïveté. Pas besoin de prendre ça comme une trahison, beau magicien. »

      Elle est parvenue à la porte, mais a ses deux mains prises et ne peut l’ouvrir. Je passe devant elle et lui pousse obligeamment le battant.

      « Adieu, Sire Outremer. »

      Elle s’en va sous l’ardent soleil, avec son pistolet et mon feu gelé. Malgré ses dires, je vois clairement ses actions comme une ignoble trahison. Elle a abusé de ma convivialité pour obtenir mon feu gelé. Quelle horreur, elle m’a brisé le cœur. Et voilà que j’écris en rimes, c’est le choc. Je n’ai plus qu’à retourner à la préparation de la commande de Rosalie, tout en sachant que demain ce n’est pas elle qui me rendra visite... Triste fatalité. Mon sort de mensonge va bientôt se dissiper, et vos yeux seront libérés de mon emprise. Vous pourrez vaquer à des occupations plus ludiques que la soporifique lecture des déboires de ma vie. Navré d’avoir gâché votre après-midi.

      Tiens... C’est le thème du Seigneur des Anneaux ! Un nouveau client s’aventure sur mes terres, pauvre âme perdue en quête de méfaits à accomplir avec ma complicité. Je vous laisse là et m’en vais à sa rencontre. Je l’espère de meilleure nature que Rosalie.

      Un instant pub avant de nous quitter. Une situation déplaisante à régler ? Une mauvaise farce à venger ? Les Tromperies d’Outremer sont là pour vous assister. Commerce magique indépendant spécialisé dans les sortilèges de mensonges et d’illusion, prix raisonnable et accueil souriant quasi-garanti.

      Aux Tromperies d’Outremer, seules les gens franches vont en enfer !

     

    FIN.

     

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